Grain de joie : Chroniquer un roman

Dehors, il fait gris, triste et froid. Je choisis que cela ne m’atteindra pas et j’ai de la chance : Aujourd’hui, j’ai rendez-vous sous ma couette avec un roman à chroniquer.

Tout a commencé il y a deux mois. En écoutant la radio, j’ai entendu Isabelle Bary, que je ne connais absolument pas, présenter son dernier roman « Les dix-sept valises » (éditions Luce Wilquin) dans une émission consacrée à l’optimisme et au bonheur. Mue d’une impulsion subite, j’ai décroché mon téléphone pour appeler l’émission afin de témoigner et quelle ne fut pas ma surprise de passer en direct ! Lorsque j’ai raccroché, je tremblais, stupéfaite de ma propre audace.

Et puis, il y a plus d’un mois, un site auquel je suis abonnée a mentionné ce roman dans la liste des livres à chroniquer. J’ai évidemment sauté sur l’occasion et je l’ai reçu dix jours plus tard.

Dans ce récit, écrit à la première personne, la narratrice, Mathilde Lambert, est une jeune journaliste pour un hebdomadaire d’informations et de loisirs.

L’histoire débute le 4 septembre 2018, sur une plage où Mathilde cherche en vain une jeune femme, Alicia Zitouni. La veille, elle avait pris l’avion pour Essaouira afin de la rejoindre. Alicia est, comme elle l’explique, une très belle femme « anormalement solaire, du genre qui voit le beau partout et du coup, le beau le lui rend bien », d’origine mi-marocaine, mi-algérienne qui vit en Belgique. Elles se sont rencontrées par hasard un an plus tôt, dans les cuisines d’une auberge des  Ardennes belges où Mathilde devait effectuer un reportage sur « la détresse de l’homme moderne ».

Depuis, Alicia a connu une carrière fulgurante dans le monde de la gastronomie  belge et est devenue une cheffe réputée que toute la presse cherche à interviewer. Mais Alicia n’aime pas la célébrité et a choisi de donner l’exclusivité de son interview à Mathilde qui l’a donc rejointe au Maroc. Malheureusement, Alice disparaît sur la plage. Vraisemblablement noyée. Après trois jours de deuil, Mathilde se ressaisit : « Il est temps de continuer à vivre ».

Dans une très jolie mise en abyme, Mathilde, la narratrice, décide alors de raconter l’histoire d’Alice. Mais pas de la manière que souhaite l’hebdomadaire qui l’emploie. Elle veut que ce soit un roman. Aussi, elle plaque son boulot pour deux mois, s’installe au Maroc dans l’appartement qu’Alice avait loué et choisit de se mettre dans sa peau pour la raconter.

Car l’histoire d’Alice, c’est tout sauf un conte de fée. Dès sa plus tendre enfance, elle a été confrontée au désamour de presque tous ses proches, au rejet, à la pauvreté, la saleté, soumise à la violence physique et aux brimades… Comment, se demande Mathilde (qui a tout pour être heureuse mais ne l’est pas), Alice est-elle parvenue traverser toutes ces épreuves avec tant de joie de vivre, de bonheur et de charisme ?

Je ne pourrai pas vous le raconter au moment où j’écris ces lignes car j’en suis là dans ma lecture, mais vous l’avez compris depuis longtemps, je suis sous le charme de ce roman qu’on pourrait qualifier de « feel-good » s’il n’avait pas cette qualité d’écriture et cette profondeur de réflexion qui le rend particulier.

Dès les premières lignes, j’ai été captivée par ma lecture. Isabelle Bary a un style que je qualifierai de simple et directe, sans fioriture, mais d’une écriture si délicate et pudique qu’elle en devient fluide et poétique. Des phrases courtes. Un sujet, un verbe, un complément. Peu de phrases subordonnées. Le rythme est rapide, soutenu. Les chapitres sont courts et nous entrainent dans le récit. Je me suis laissée happée par l’histoire avec plaisir. Ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de lire une histoire aussi positive, voire optimiste, de cette qualité.

C’est un livre qui fait du bien tout en donnant à réfléchir sur nous-mêmes et notre manière d’aborder la vie et le monde. Qu’on a envie de déguster mais que l’on a du mal à arrêter quand on a commencé.

Bref, je suis fan de ce roman. Inconditionnellement. Lisez-le, dévorez-le, savourez-le. Faites ce que vous voulez, mais laissez-moi le terminer tranquillement sous ma couette ! 🙂

 

 

 

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Suzanne Boulanger dit :

    Merciiiii Sabine pour ce « tuyau » littéraire ! Bisoussss

    Aimé par 1 personne

  2. christineh53 dit :

    Tu me mets l’eau à la bouche, Sabine… je me réjouis de lire ses « 17 valises ». j’avais adoré son permier roman « Le cadeau de Léa » que je te prêterai volontiers. Joie de découvrir que Isabelle Bary continue à jouer de sa très belle plume…

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    1. Avec plaisir. On fera un échange ! Bisous

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