Grain de joie : Ré-enchanter le monde

On nous le dit à toutes les sauces : Notre société s’essouffle et traverse une période de transition, notre humanité est à la veille de connaître le plus grand changement depuis que l’homme-cueilleur-chasseur est devenu cultivateur. Il faut se préparer. Il faut changer. Oui, mais comment ?

Je ne possède pas la recette-miracle, mais je crois savoir par où commencer : Arrêtons d’être pessimistes. Les journaux ne nous parlent que de rumeurs négatives, de catastrophes naturelles, crises politique, économique, climatique… Stop ! A quand de bonnes nouvelles ? Pareil pour les penseurs, intellectuels ou scientifiques, qu’ils soient juristes, économistes, philosophes, climatologues ou survivalistes (1) de tous poils (collapsologues (2) et autres théoriciens catastrophistes), la plupart de ceux que je connais sont éminemment pessimistes, même s’ils nous tiennent le discours inverse. Ils pensent intimement qu’il est trop tard, qu’on va droit dans le mur, que l’humanité va disparaître ou en tout cas subir de lourdes pertes.

A mon niveau, je n’ai évidemment pas la prétention de changer le monde. Mais je pense que je peux faire un petit quelque chose. Et surtout je me dis : Même si de « grands » hommes (et femmes) pensent qu’il est trop tard, qu’est-ce que cela coûte d’essayer de traverser cette transition pour éviter que les générations prochaines soient sacrifiées ? Rien !  Nothing ! Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Essayer… Oui, mais quoi ?

D’abord de changer sa vision du monde. Le monde a besoin d’utopistes, d’optimistes, de personnes capables de ré-enchanter le monde et de regarder plus loin que leur nombril. Et c’est là que je veux faire ma petite part.

Donc, mercredi, j’ai assisté à un débat participatif mondial organisé au Parlement européen de Bruxelles sur la gouvernance de l’Intelligence Artificielle (IA), parce que je crois que cette dernière devient, quoi qu’on en dise, incontournable dans notre société.

C’est la première fois que j’allais à un tel débat dans un tel lieu et ce fut un parcours du combattant. Bien que je m’y sois prise un bon mois à l’avance pour réserver ma place (et ce n’est pas une sinécure de savoir si c’est accessible en fauteuil roulant, ni de montrer patte blanche dans ce haut lieu !), j’ai finalement reçu de mauvaises indications de parking, rencontré un personnel souvent sympathique mais incompétent, je me suis perdue dans le dédale des bâtiments avant de trouver où obtenir le « laisser-passer » pour entrer dans l’un d’eux et finalement, au bout d’un autre labyrinthe de couloirs identiques, accéder à la bonne salle de conférence.

Et là, surprise : Nous étions peu  – une petite centaine de personnes – et les débats se faisaient uniquement en anglais.  Je ne suis pas très naïve et je sais que toutes les instances européennes travaillent pour le moment à redorer leur blason en invitant les citoyens lambdas, comme moi, à leurs campagnes électorales en vue des élections européennes de 2019. Mais , j’avais également appris que ce grand débat participatif mondial (incluant notamment la Chine, les États-Unis et le Japon) sur la gouvernance de l’Intelligence Artificielle (IA), organisé sur une période de sept mois, avait rassemblé une communauté́ interdisciplinaire de plus de 2000 participants. Qu’importe : Nous y étions, mon mari et moi, nous y avons participé… Et nous ne l’avons absolument pas regretté.

Pour ma part, j’étais surtout intéressée par un des objectifs de ce débat : « La mise en place d’un processus d’intelligence collective multipartite, interdisciplinaire et ouvert sur la société́ civile pour élaborer la gouvernance de l’IA » (3). Et plus précisément par le projet « Bright Mirror » (4) lancé il y a moins d’un an, et qui consiste à « écrire ensemble une utopie positive, (… ), à inventer un imaginaire loin des fantasmes et peurs générés par l’IA » (5).

L’idée qui domine ce projet, c’est que la fiction peut aider à imaginer le monde dans lequel on aimerait que nos descendants vivent un jour. L’intelligence artificielle est devenu un élément incontournable du futur. Or, pour l’instant, l’imaginaire se fonde sur la peur de l’intelligence artificielle pour créer des dystopies tels que « 1984 », « Fahrenheit 451 » ou, plus proche de nous, la série « Black Mirror ».

Personnellement, je suis convaincue que nous sommes les auteurs non seulement de nos vies, mais aussi de notre futur. Et je crois aussi que les œuvres de fiction ont un impact sur la réalité. Par exemple, le roman d’anticipation de Jules Vernes «De la terre à la lune» paru en 1865 et qui  «  relate comment, après la fin de la guerre de Sécession, une association d’artilleurs et de scientifiques liés à l’industrie militaire tente d’envoyer sur la Lune un obus habité par trois hommes » (source : Wikipédia) a été à la base d’un des enjeux majeurs de la guerre froide, un peu moins d’un siècle plus tard : Envoyer des hommes sur la lune. C’est bien une preuve, pour moi,  que l’imaginaire a un pouvoir extraordinaire sur la réalité.

Alors, je sais qu’on ne vit pas dans un monde de Bisounours, mais je le crie bien fort : Assez de pessimisme, de journalisme-catastrophe, de fictions dystopiques. Comme je l’ai déjà sous-entendu, je veux cultiver dans ma vie de tous les jours l’optimisme non pas béat mais réfléchi.

Et un des moyens à ma portée pour cultiver cet optimisme a été de m’inscrire à ce projet d’écriture collective.

Oui, je compte essayer, à mon niveau, de…  ré-enchanter le monde ! 🙂


Crédit-photo : A. Louis. J’adore cette photo prise devant les marches du Parlement européen et qui symbolise, pour moi, que bien des obstacles peuvent être franchis, pour peu qu’on se donne la peine d’y réfléchir.

N.B. : Si vous avez aimé cet article, « likez », commentez, partagez-le et…participez à la publication de mon futur livre. Merci.


(1) Le survivaliste est une personne qui croit qu’il faut se préparer à une rupture de la réalité du monde voire à « la fin du monde » tel que nous le connaissons. Cette croyance se fonde sur l’imaginaire de l’angoisse et de la peur (catastrophisme écologique, économique, cosmologique…).

(2) La collapsologie est « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus » (Servigne & Stevens, 2015).

(3) « L’angle d’ouverture à la société́ civile des processus classiques devrait êtreétendu pour inclure les professions artistiques et l’industrie cinématographique, par exemple, car ces derniers offrent des perspectives et un relais d’influence et de dialogue puissant auprès des citoyens » in extract of the executive summary of our Global Civic Debate in http://www.thefuturesociety.org

(4) « Bright Mirror » est un des projets développés par la société Bluenove, créée en 2008 en France, dans l’objectif de « devenir la marque leader du conseil et des services en open innovation et en intelligence collective auprès des entreprises les plus innovantes ». Et non, contrairement à ce que vous pourriez penser, je ne connais absolument pas cette société et je ne tire aucun bénéfice à la citer !

(5) http://bluenove.com/blog/bright-mirror-prototypez-votre-futur-desirable/

 

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