Grains de joie : être considérée comme une experte.

Alors que j’avance dans l’écriture de mon récit (1) et que je raconte, brièvement parce que ce n’est pas la partie la plus drôle, la facilité avec laquelle je me suis déjà fracturée, voilà que… Patatras ! En l’espace d’une semaine, deux personnes de mon entourage, appelons-les A et B, se sont cassées la jambe. A est un enfant qui, comme moi, est atteint de la maladie des os de verre. Une petite chute a suffi à l’envoyer à l’hôpital. Mais mon amie B, qui n’a pas la maladie des os de verre, s’est elle aussi fracturée le tibia en tombant et a dû se faire opérer. Rien de très joyeux, donc.

Sauf que tant la maman de A (par le biais d’un réseau social) que mon amie B m’ont toutes les deux demandé conseil sur les suites à espérer. Je ne suis pas médecin et je n’en revendique pas l’expertise, mais j’en profite pour vous partager mon expérience des fractures des membres inférieurs.

Donc ça commence par … Patatras. En principe, une chute, ou un choc ou parfois même pas. Dans ce dernier cas, heureusement très rare, on parle de fracture spontanée ou de fatigue. Dans tous les cas, je vous assure qu’on le sent passer.

Passés… le choc du traumatisme et la surprise de découvrir parfois sa jambe dans un angle bizarre, c’est la douleur qui prédomine. Donc, mon premier geste ou ma première demande, c’est d’immobiliser le membre atteint, idéalement avec une attelle en me manipulant le moins possible. Et puis, direction les urgences. Que je sois certaine ou non qu’il s’agisse d’une fracture, je ne lésine pas et je fonce (enfin, façon de parler, bien sûr) aux urgences surtout si ma jambe a un angle bizarre ou si je saigne, quitte à appeler une ambulance (aïe, là c’est la facture qui s’ajoute à la fracture et ça fait mal !).

Arrivée aux urgences, c’est la partie la moins drôle qui commence : Patienter. Comme je suis censée être prévoyante, je me serais administrée auparavant, enfin si j’en ai sur moi, un antidouleur que je connais pour supporter les cahots du transport. Je vous déconseille cependant de le faire si vous n’en avez pas l’habitude car il faut se méfier des effets secondaires. Ensuite, c’est souvent le même scénario qui se déroule : Patienter en salle d’attente ou dans une pièce en attendant l’étudiant en médecine/l’interne/le médecin (suivant la gravité). L’étudiant et l’interne posent quantité de questions qui peuvent parfois sembler loufoques mais s’avèrent souvent pertinentes. C’est le moment de leur signaler ma pathologie, ce que j’ai pris comme antidouleur, mes allergies éventuelles, etc. En général, et c’est là qu’on les reconnait, ils quittent la pièce en me demandant de ne pas bouger (quel humour !) et de patienter… En attendant le médecin de garde ou le spécialiste qui me pose les mêmes questions tout en évaluant les dégâts et appelle – enfin! – l’infirmière pour poser la perfusion qui me délivre le bon antidouleur. Ensuite, devinez… Oui, je patiente à nouveau en attendant le brancardier qui me conduit en salle de radiologie pour faire une photo de ma jambe. A ne pas considérer comme un selfie car toute radiographie envoie son lot de rayons x cancérigènes. Je serre les dents en espérant que le radiologue sera doux en me manipulant la jambe et j’obéis lorsqu’il me demande de ne « pas bouger, pas respirer ». Puis, au bout d’une nouvelle période de « patientage », vient, dans le meilleur des cas, la sentence : fracture, pas fracture, ouverte, fermée, avec ou sans déplacement et c’est là que je sais à quelle sauce je serai mangée car suivant le cas, on opère ou pas, on pose un plâtre ou pas, on me renvoie ou pas chez moi. Je dis « dans le meilleur des cas » car la pathologie dont je suis atteinte rend mes os quasiment transparents et il est très difficile d’établir un diagnostic. J’ai trop souvent été renvoyée chez moi avec des « on n’est pas sûr, mais on croit » là où . je sais que j’ai une fracture ou une fêlure. Dans ces cas-là, je vois le positif du diagnostic : Si « on »ne voit rien, c’est qu’il n’y a pas de déplacement, donc pas d’intervention chirurgicale.

Que le spécialiste « croit » ou non en la fracture, je constate qu’en ce qui me concerne, les délais de guérison sont ensuite toujours les mêmes et c’est cela que j’ai envie de vous transmettre : En cas de fracture, la douleur est souvent très forte les trois premiers jours mais courage : Elle ira en s’amenuisant au fil des semaines. Lorsqu’on est opérée, les fils ou les agrafes sont retirés au moment où la plaie doit avoir cicatrisé, à savoir entre une semaine et dix jours. Entre temps, il faut bien la surveiller et veiller à ce qu’une infirmière change régulièrement le pansement. Sauf complications, au bout de trois semaines à un mois, l’attelle ou le plâtre sont retirés et je peux doucement poser mon pied sur le repose-pied de mon fauteuil roulant alors que les personnes plus valides pourront poser le pied au sol sans béquille. Et au bout de six semaines, sauf complication, hourra : La fracture est consolidée.

Entretemps, j’ai donc eu quelques semaines d’immobilité à gérer et j’ai pu choisir soit de me lamenter sur mon sort, soit d’en profiter pour lire, regarder la télé, mon ordinateur, recevoir des amis et me faire chouchouter, écrire, écouter de la musique, rêver à ce que je ferai quand j’irai mieux et élaborer des projets…

Après ces quatre à six semaines, on entre enfin en action pour se faire « rééduquer » grâce à des séances de kinésithérapie qui nous feront retrouver (moi, je l’espère toujours) la souplesse de nos vingt ans.

Alors oui, en vous écrivant tout cela, je comprends qu’aux yeux de certains, je suis devenue une « experte ès fractures ». Pas de quoi me vanter, pourtant. Juste partager… en espérant que cela puisse un jour servir à quelqu’un ET que ma prochaine fracture ait lieu… le plus tard possible.

(1) Pour ceux qui le souhaitent, il y a moyen de réserver mon futur livre et/ou de m’aider à l’éditer en cliquant sur la petite flèche située après le mot « Participez » puis sur « payer ». Si vous participez à concurrence de 4 x 5 euros en une fois, je vous enverrai mon livre dédicacé dès sa publication. A partir d’un versement de 10 euros, je m’engage à rembourser ou faire rembourser la somme que vous avez versée s’il m’arrive quoi que ce soit qui m’empêche de terminer ce livre.

Merci beaucoup.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ay Yo dit :

    Trop mimi cette photo !

    J'aime

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