Grain de joie : Se promener

Depuis que je revis, j’éprouve beaucoup de plaisir à me promener, seule ou accompagnée. J’ai la chance d’habiter une ville qui non seulement se situe à la campagne, mais est universitaire donc ouverte à la diversité. C’est la plus jeune ville de Belgique. Inaugurée en 1972, elle concrétise le rêve de ses concepteurs de créer une ville (et non une cité) universitaire dont les voitures sont exclues pour favoriser la rencontre. Une ville « à visage humain ». Y habiter est un privilège dont je suis très consciente.

Je me sens bien dans ma ville, même si m’y balader est presque devenu un sport pour moi à force d’éviter les personnes à deux roues, à quatre roues, les poussettes d’enfants, les rollers, les enfants, les gens pressés, les aînés à l’équilibre précaire, les soûlards, les SDF et les « lécheurs de vitrine ». C’est fou le nombre de personnes qui, parce qu’elles se promènent dans une ville piétonne, ne regardent pas où elles vont. Mais, en louvoyant, j’y circule librement car la ville, conçue sans trottoir, est très accessible aux « chaisards ».

Aujourd’hui, c’est la rentrée académique. Soit trente mille étudiants qui débarquent d’un seul coup dans une ville qui compte dix mille résidents. C’est dire s’il y a de l’ambiance dans les rues ! Surtout si on y ajoute le folklore de la rentrée avec les cortèges organisés par les autorités académiques et les fédérations d’étudiants qui y défilent cet après-midi. Et je ne parle pas des « guindailles » du soir qui vont s’y succéder une bonne partie de l’année.

J’aime cette ambiance. Sauf les quinze premiers jours parce que les nouveaux étudiants, fraîchement sortis de l’école, m’effraient non seulement parce qu’ils ne regardent pas où ils vont mais parce qu’ils se bousculent, courent pour ne pas être en retard, se perdent et se retrouvent sans frein dans les méandres des rues et des auditoires.  Entre nous, c’est bizarre comme ces nouveaux visages me paraissent plus jeunes et plus chahuteurs d’année en année.

Pour les personnes porteuses d’ostéogenèse imparfaites (fragilité osseuse) – comme moi qui me fracture régulièrement une côte ou une vertèbre rien qu’en toussant ou en éternuant – se promener ces jours-ci relève du sport à haut risque, voire extrême.

C’est pourquoi, pour ne pas renoncer à sortir sous le beau soleil estival de cet après-midi, je me suis entourée d’une garde du corps assermentée – en l’occurrence ma kinésithérapeute – pour m’astreindre à renforcer mes biceps en roulant à vive allure dans les montées… Entre nous, c’est bizarre aussi comme ces montées deviennent, au fur et à mesure de mon parcours en boucle, plus raides à grimper… 😀

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