Grain de joie : Apaiser la douleur

Aujourd’hui, il pleut et j’ai froid, puis chaud. Le temps idéal pour réveiller mes douleurs chroniques. La légende que j’avais initialement donnée à ce blog étant « cultiver la joie pour faire un doigt d’honneur à la douleur », je choisis donc aujourd’hui de vous parler de cette dernière. Ou plus exactement de mon expérience de la douleur.

Chez une personne bien-portante, la douleur sert à la fois de signal d’alerte et de protection-réflexe (par exemple, s’éloigner de la source de douleur ou, si cela n’est pas possible, s’immobiliser pour atténuer l’intensité de la douleur).

Par contre, chez les personnes qui, comme moi, souffrent de douleurs chroniques dues à des fractures répétées et cumulées à de l’arthrose, de l’hyperlaxité ligamentaire, etc., l’alerte est permanente. Et vivre au quotidien peut devenir un calvaire. Ou pas.

En 2005, j’ai dû arrêter de travailler pour cette raison. Depuis 2007, j’ai la chance (je l’ai cherchée aussi, bien sûr) d’être suivie par une « clinique » (un centre) de la douleur chronique. Et je me sens écoutée, c’est déjà bien, mais aussi soutenue, moralement et médicalement. Moins seule, surtout. Il aura quand même fallu, tant aux spécialistes qu’à moi-même, ce laps de temps (plus de dix ans, donc) pour trouver une molécule qui me soulage suffisamment sans m’assommer ou me rendre trop dépendante et sans me donner d’effets secondaires ingérables. Heureusement pour moi, il existe actuellement sur le marché un panel suffisant d’antidouleurs (type 1 à 3, suivant leur puissance d’action qui correspond aussi souvent à leur degré de dangerosité voire d’accoutumance) qui permet une certaine qualité de vie, même si cela ne rend pas insensible aux pics de douleur, toujours difficiles à gérer.

Pour moi, la période hivernale est plus pénible. Comme je l’expliquais précédemment dans « Bientôt la fin des beaux jours ? », je subis plus de fractures, de déchirures musculaires, de tendinites ou de névralgies, parfois à répétition ou cumulées, sans parler de problèmes organiques, durant cette période de l’année qui chez moi va de septembre à mai. Le manque de soleil, donc de vitamine D, le froid, l’humidité ambiante y contribuent. Et évidemment, ce n’est pas rose. Mais j’essaie alors de vivre un jour à la fois, une heure après l’autre grâce à plusieurs techniques que j’ai appris à mettre en place, au fil du temps,  comme le détournement de l’attention ou la méditation, la relaxation, …
J’espère  encore passer l’hiver qui viendra avec le plus de philosophie possible.

Attention, je ne voudrais pas qu’on se méprenne : je n’ai pas écrit cet article pour qu’on me plaigne (je déteste l’apitoiement) ou pour qu’on me dise que je suis plus ou moins courageuse qu’un autre (je refuse de concourir dans ce domaine) (1) et encore moins pour faire l’apologie de la douleur ou des antidouleurs. Prendre un médicament n’est jamais anodin et entraîne toujours des effets secondaires. Mais j’ai écrit ceci pour témoigner que la médecine a évolué – et continue à le faire – vers une meilleure prise en charge de la douleur. Et sans nécessairement aller jusqu’à dire « y a d’la joie… » , il y a certainement de l’espoir.

(1) Ceci dit, je suis contente de moi car c’est la première fois, en cinquante ans, que j’arrive à écrire sur ce sujet et la rédaction de cet article m’a fait transpirer de grosses gouttes. Donc, n’hésitez pas à le commenter ou à me dire que vous l’avez aimé (ou pas), ce serait pour moi la plus belle récompense.

En photo : Quelques-uns de mes « trucs » pour gérer la douleur… Je vous en parlerai bientôt.

4 commentaires

  1. brigittefraipont dit :

    Superbe !!
    Bisous ma belle.

    Brigitte

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  2. Michel Collart dit :

    Bises à toi, Michel 😉

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  3. Ghislaine BOURRIEAU dit :

    Merci. Vous en parlez si bien!
    La douleur chronique au quotidien est souvent si difficile à vivre.
    Je vous embrasse.
    Ghislaine
    Merci aussi de votre blog si joyeux et généreux, empli d’humanité.

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    1. Merci beaucoup. Je vous embrasse aussi.

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