Grain de douleur : Fracture spontanée

Je me souviens ce bruit de refus que je fis en me brisant. Ce tibia gauche qui, sans crier gare, cède brusquement sous moi et cette épaule droite qui, dans un sursaut désespéré pour me redresser, se luxe puis se remboîte, entraînant une rupture de la coiffe des rotateurs.
Et m… Me suis-je dit en premier avant de faire mon auto-diagnostic.
Confirmė aux urgences. Le plus drôle, c’est la tête du personnel soignant. J’imagine que voir arriver une personne haute comme trois pommes qui vous dit : voilà, pour le tibia, c’est une fracture sans déplacement, une attelle suffira et pour l’épaule, ce n’est pas une fracture mais…. Bla-bla-bla, j’imagine donc que cela a de quoi les perturber. Il m’arrive souvent qu’on ne m’écoute pas ou qu’on me rit au nez.
Cette fois-ci, j’ai de la chance : Les infirmiers prennent notes, relaient l’info, posent la perf’, m’envoient direct à la radio puis, sans traîner, les médecins m’immobilisent. Mieux : ils me sourient, me couvrent d’une seconde couverture (je gère bien la douleur mais j’ai toujours la tremblote quand je me fracture) et, voyant que les anti-douleurs classiques ne suffisent pas, finissent par me faire une piqûre de morphine.
Et moi, pour la première fois de ma vie, j’accepte ce shoot de morphine. Pas d’inquiétude : je n’ai vraiment aucune envie de me droguer. Juste ne plus avoir mal quelques heures, le temps de reprendre mon souffle et de sourire de gratitude au G.P.S. (Gentil Personnel Soignant).